Aller au contenu
Fabien Gaudin

Tous les poèmes

Le destin nous l’écrivons

Longtemps,
j’ai cru que le destin était un verdict.
Un juge invisible,
un mécanisme trop vaste pour être infléchi.

Je regardais les autres avancer
comme si le chemin leur appartenait,
tandis que je restais
à interroger la carte.

Puis j’ai compris:
le doute n’était pas une faiblesse,
c’était un outil.

Chaque renoncement m’a appris la valeur,
chaque détour m’a donné de la profondeur,
chaque contradiction
m’a obligé à devenir plus vrai.

Je ne suis pas fait pour les lignes droites.
Je suis fait pour les structures souples,
les ponts entre la rigueur et le souffle,
entre le calcul et la poésie.

Ce que j’ai perdu m’a enseigné.
Ce que j’ai aimé m’a construit.
Ce que je n’ai pas fini
me pousse encore.

Et aujourd’hui je sais:
le futur ne m’attend pas,
il me répond.

Il ne se révèle pas,
il s’écrit.

Le destin n’est pas écrit,
le destin nous l’écrivons.

Fabien Gaudin