L’Appel
Alors cette amitié proposée,
je la veux folle.
Pas un pont de pierre,
mais une corde lâche
où l’on danse pieds nus,
sans filet.
Qu’elle ait le goût du vent
qui arrache les toits,
l’éclat cru des verres brisés
en plein rire,
l’audace du lierre
qui défonce les murs.
Je ne te demande pas
d’être un refuge.
Sois plutôt la tempête
qui dérange mes étoiles bien rangées,
le chaos nécessaire
qui rappelle à mon sang
qu’il est rouge.
Prends-moi par la main
là où le monde se fissure.
Je ne cherche pas
quelqu’un pour marcher à côté —
mais quelqu’un
pour sauter avec.
(On se rattrapera après,
dans l’éclat de rire
des survivants.)
Fabien Gaudin
