Traces alignées
Je trace des lignes —
Ponts entre l’ombre et la lumière —
Elles dansent, éphémères,
Sur l’écran, le papier, la terre.
Certaines sont blessures,
Éclats de mots murmurés,
Qui saignent en rimes pures
Mes silences égarés.
D’autres, syntaxe rigoureuse,
Algorithmes en fleur,
Où la logique amoureuse
Fait chanter le code en cœur.
Au sillon du printemps,
Je creuse des lignes-failles:
Les graines, mes enfants,
Boivent la sève des étoiles.
Sur la toile, traits rebelles,
Je défie l’horizon vide:
Le bleu mord les pigments frêles,
Le vide devient pyramide.
Et ces lignes, fils tendres,
Vers ceux qui partagent l’aube —
Nous tissons des cendres
En brasiers sous la robe
Des nuits. Quatre sillages
Guident mon souffle ardent:
Vers, pixels, feuillages, éclats,
Mon sang trace le temps.
Fabien Gaudin
