Le Temps Défié
Le temps plie sous la gravité des astres,
Dans l’ombre des trous noirs, il perd ses cadastres.
Un souffle courbe l’espace, ralentit les secondes,
Et dans ce silence, l’univers se fait monde.
Les étoiles chantent leur lumière lointaine,
Traversant les âges, défiant la peine.
Leur éclat persiste, porteur d’horizons,
Un murmure d’éternité dans l’immensité des sons.
L’énergie, force ancestrale et infinie,
Ne meurt jamais ; elle danse et s’enfuit.
De chaleur en lumière, de vent en feu,
Elle survit au temps dans son cycle silencieux.
Les saisons reviennent, les vies renaissent,
Un éternel retour, un cycle qui blesse
Et soigne à la fois dans sa douce lenteur,
Comme un battement infini au cœur de l’heure.
Mais là où le temps cherche à dominer,
L’art s’élève et le fait plier.
Une toile, une note, un poème gravé :
Des fragments d’âmes que rien ne peut effacer.
La mémoire collective tisse ses récits anciens,
Des légendes portées de mains en mains.
Les mythes et les gestes transcendent les jours,
Gardant vivants les traces de nos amours.
Et l’amour, cet éclat qui arrête la course,
Suspend le moment dans sa douce ressource.
Il fait vibrer le temps, l’étire et le distord,
Comme une flamme éternelle qui éclaire encore.
La musique, sœur fidèle de l’éternité,
Déjoue le temps par sa légèreté.
Chaque accord suspend l’espace un instant :
Un souffle d’infini dans l’éphémère du moment.
Alors l’univers, dans sa danse infinie,
Fusionne la matière et l’esprit.
Les lois physiques et les gestes du cœur
Ne sont que des notes dans un même labeur.
L’humain, témoin des forces à l’œuvre dans l’ombre,
Apprend à sculpter l’instant hors des décombres.
Faire plier le temps par ses propres mains,
Graver l’éternité dans l’éphémère humain.
Car là où le temps s’efface et devient complice,
L’art et l’amour révèlent leur lumière propice.
Ils défient les lois d’un cosmos souverain :
Un écho d’éternité inscrit dans nos mains.
Fabien Gaudin
