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Fabien Gaudin

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La Tyrannie de la Pertinence

Où sont mes amis, perdus dans la toile,
Ce réseau froid où l’algorithme détale ?
J’ai délaissé ma page, et le robot glacial,
A jugé mon absence d’un calcul banal.
Il trie sans regard, décide sans pensée,
Magnifiant ce qui brille, laissant l’essentiel sombrer.
L’effet de conformité couronne les connus,
Et les voix sincères restent dans l’inconnu.
Mes mots, sont-ils devenus sans intérêt ?
Leur écho s’efface dans un vide discret.
Un post vide s’élève, porté par la masse,
Tandis que le vrai s’efface sous la glace.
Je voulais croire qu’il suffirait de la lumière,
D’un contenu sincère, d’une voix volontaire.
Mais les fils de ce réseau tissent leur propre loi,
Cachant l’humain sous des ombres sans éclat.
Toi, lecteur, vois-tu les chaînes qu’il construit,
Ces murs invisibles qui nous lient et nous unissent ?
Reprends ton regard, brise leur cadre étroit,
Vois au-delà du "pertinent" ce qui a un vrai poids.
Toi aussi, tu peux défier ce jugement,
Redonner au “pertinent” un souffle bien vivant.
Offre à l’oubli un choix éclatant,
Car ton cœur vaut plus qu’un programme triomphant.
Alors, reprenons nos regards, nos vérités,
Refusons d’être ombres dans ce monde figé.
Car la machine n’est rien si l’humain sait aimer,
Et l’écran peut s’éteindre, la lumière reste.

Fabien Gaudin

Autres versions

Version 2

Dans le cristal liquide où brillent nos visages,
Des reflets calibrés, figés dans des mirages.
Le code tisse ses fils, ses lois sans émotion,
Transformant nos élans en froide perfection.
Les écrans figent nos vies dans des reflets glacés,
Nos liens deviennent chiffres, nos cœurs des données.
Sommes-nous encore libres dans ce réseau sans fin,
Ou prisonniers dociles d’un monde inhumain ?
Les jardins synthétiques, pleins d’éclats artificiels,
Fleurissent l’absence sous un masque éternel.
Et dans cette alchimie du pixel et du sang,
L’humain s’efface doucement, lentement.
Je ne maudis plus la machine – elle est nous,
Mais je crains qu’en l’aimant, nous nous perdions à son goût.
Car elle calcule, elle trie, sans chaleur, sans visage,
Et réduit nos voix vives en échos sans langage.
Reprenons nos voix, nos regards, nos vérités,
Refusons d’être ombres dans des cœurs désarmés.
Car la machine n’est rien si l’humain sait aimer,
Et l’écran, un miroir, s’illumine sous nos faits.